بطاقة مراجعة
الذات واللاذات وواسمات الهوية
Ce que le système immunitaire lit avant de décider d'attaquer, et pourquoi une greffe est rejetée.

Le soi et le non-soi
Chaque cellule porte à sa surface des marqueurs moléculaires. L'ensemble que porte un individu constitue son soi ; tout ce qui porte des marqueurs différents est du non-soi et peut déclencher une réponse immunitaire.
Un antigène est exactement cela : toute molécule susceptible d'être reconnue comme étrangère et de provoquer une réponse.
La reconnaissance n'est pas globale mais locale : anticorps et récepteurs lymphocytaires se lient à une petite région de l'antigène appelée épitope. Un antigène porte plusieurs épitopes, c'est pourquoi un seul microbe provoque plusieurs anticorps différents à la fois.
- Antigène = reconnu comme étranger. Épitope = la partie exacte reconnue.
- La tolérance immunitaire au soi est acquise pendant la maturation des lymphocytes, elle n'est pas innée.
Le CMH, la carte d'identité
Le complexe majeur d'histocompatibilité — HLA chez l'homme — fournit les marqueurs qui définissent le soi d'un individu.
Il est extrêmement polymorphe, si bien qu'en dehors des vrais jumeaux deux personnes n'ont pratiquement jamais le même jeu, et il s'exprime de façon codominante : les allèles des deux parents apparaissent à la surface.
Il en existe deux classes, et cette distinction structure toute la réponse immunitaire. Les molécules de classe I sont présentes sur toute cellule nucléée et présentent des peptides venus de l'intérieur de la cellule — y compris viraux — aux lymphocytes T CD8.
Les molécules de classe II ne sont présentes que sur les cellules présentatrices d'antigène (macrophages, cellules dendritiques, lymphocytes B) et présentent des peptides captés à l'extérieur aux lymphocytes T CD4.
- CMH I : toute cellule nuclééelymphocytes T CD8 (cytotoxiques)
- CMH II : cellules présentatrices seulementlymphocytes T CD4 (auxiliaires)
- Un lymphocyte T ne reconnaît un antigène que présenté sur une molécule du CMH — jamais libre.
Les groupes sanguins
Le système ABO est un second jeu de marqueurs du soi, porté par la membrane des hématies.
Un individu de groupe A possède l'antigène A et des anticorps anti-B naturels ; le groupe B l'inverse ; le groupe AB les deux antigènes et aucun anticorps, ce qui en fait un receveur universel ; le groupe O aucun antigène et les deux anticorps, ce qui en fait un donneur universel.
Le système rhésus fonctionne autrement : un sujet Rh− n'a pas d'anti-D naturel et n'en produit qu'après avoir été exposé à du sang Rh+.
D'où le risque classique — une mère Rh− portant un fœtus Rh+ peut s'immuniser à l'accouchement et attaquer une grossesse Rh+ ultérieure, ce qui justifie l'injection d'immunoglobuline anti-D.
- Les anticorps ABO sont naturels ; l'anti-D ne l'est pas et doit être induit.
- AB = receveur universel. O = donneur universel.
Greffes et rejet
Une greffe est rejetée parce que les lymphocytes T du receveur lisent les molécules du CMH du donneur comme du non-soi. Plus la compatibilité HLA est grande, plus la réaction est faible — d'où le typage des donneurs et le fait qu'un frère ou une sœur soit souvent le meilleur donneur.
Le rejet est essentiellement une réponse à médiation cellulaire : les lymphocytes T CD8 cytotoxiques détruisent les cellules du greffon.
Le traitement immunosuppresseur l'atténue, au prix d'un risque durablement accru d'infection et de cancer — la démonstration la plus claire que le système immunitaire assure les deux missions à la fois.
